LA PETITE BRETAGNE – La gastronomie bretonne s’invite à Londres

par Donia Hachem

Antoine Détrie s’est lancé dans la restauration il y a plus de deux ans. Un secteur dont il a fait son métier et son entreprise, La Petite Bretagne, aujourd’hui. Avant de voler de ses propres ailes, ce breton a d’abord travaillé dans un cabinet de conseil. Connaître, maîtriser puis exercer sont les maîtres mots de son parcours. Lepetitjournal.com a rencontré Antoine Détrie, CEO

 

Entreprenariat : de l’esprit d’entreprise à l’esprit d’entreprendre

« Celui qui ne risque rien ne perd ni ne gagne » dit un proverbe breton. La citation peut résumer le parcours d’Antoine Détrie. Après avoir obtenu son diplôme de l’ESCP en 2006, il rejoint le cabinet de conseil, BearingPoint, à Paris. Il y travaille pendant près de deux ans. « C’était un métier intéressant, mais trop abstrait. J’avais envie de quelque chose de plus concret » explique-t-il. En parallèle, il voulait regagner Londres pour des raisons personnelles. Sa démission posée, il part quatre mois parcourir l’Afrique de l’Ouest. « Ce voyage était nécessaire pour me retrouver, pour être sûr de faire les bons choix, des choix lourds de conséquences » raconte l’entrepreneur. Abandonner un job bien rémunéré pour repartir de zéro est une grande prise de risque pour un jeune d’une vingtaine d’années. La prise de risque, inhérente à l’activité entrepreneuriale, prend une importance accrue. Mais si la prise de risque peut déboucher sur la réussite, elle ne va pas sans son inévitable corollaire : la possibilité de l’échec. « J’ai toujours aimé la restauration, alors autant se lancer dans un domaine qui me plaît ».  L’envie de créer sa propre société prend donc le dessus.

 

Des débuts hésitants, des tâtonnements, pour arriver à la recette miracle


Initialement, Antoine Détrie avait pensé à un concept de fast food de qualité, orienté sur la nourriture française. Mais le projet n’était pas viable, car trop onéreux. Le marché britannique est développé et concurrentiel. De plus, les anglais n’ont pas les mêmes habitudes que les français à l’heure du déjeuner. Ils consomment beaucoup de plats à emporter. Le jeune entrepreneur décide alors de se réorienter vers les crêpes. Un projet qui prend tout son sens « De part mes racines bretonnes, je connaissais les produits. C’était doublement intéressant, car très peu exploité sur le marché britannique. Ils connaissent les crêpes et les pancakes, mais sucrés. Je pouvais donc mettre en avant la galette bretonne à emporter pour le déjeuner ». Ce produit offre une marge considérable, à l’instar des pizzas. Les matières premières ne coûtent pas chères. Les crêpes peuvent se décliner en sucrées et en salées. Il est ainsi possible d’en vendre à toute heure, au petit déjeuner, au goûter comme en soirée. « L’avantage est immense. Dans la restauration, les coûts fixes sont énormes entre le loyer, le staff, etc. donc c’est frustrant de ne vendre qu’à midi et le soir, et rien entre les deux. Mais avec la galette, ce n’est pas le cas », se réjouit le chef d’entreprise.

 

Du stand dans la rue à la boutique à Hammersmith


La Petite Bretagne est présente dans la capitale britannique depuis deux ans et demi, mais elle n’a pas toujours été sous la même forme. Dès le départ, Antoine Détrie a l’ambition d’ouvrir un restaurant. Dans une perspective de développement, il est plus aisé de proposer un modèle clé en main dans une boutique, qu’un stand sur des marchés. Seulement, il n’avait ni les fonds, ni les compétences nécessaires. L’entrepreneur se rend compte, avec humour, de la responsabilité d’un tel engagement : « La restauration est un vrai métier. Il y a un pas à franchir entre préparer un repas le samedi soir entre amis et servir 400 couverts dans la journée ». L’entrepreneur met la main à la pâte. Dans un premier temps, il teste le concept en tenant un stand sur des marchés. Vous avez d’ailleurs, peut être, eu l’occasion de goûter à ces fameuses crêpes du côté de Lower Marsh ou Archway Market. Il élargit l’offre en participant à des festivals de musique, des anniversaires ou des mariages. Pendant deux longues années, le crêpier attrape le coup de main. Il monte, démonte le stand. Il passe ses journées dehors qu’il vente ou qu’il pleuve. Cette période lui permet d’étudier quels arguments marketing mettre en avant, le prix, le packaging. Un travail essentiel pour cerner le marché et les attentes des clients. Il travaillera sur les marchés jusqu’en octobre 2011. Une période pendant laquelle il va économiser. Il arrive à un business model original et rentable. Il boucle le financement et finalise le business plan. Il cherche un local, des prestataires, un avocat… ça y est, une boutique ouvre ses portes fin mai, à Hammersmith, quartier très actif du grand Londres. « Le but est de réconcilier l’aspect traditionnel de la crêperie et l’aspect plus moderne et plus rapide du take away »,explique Antoine. Il espère attirer ainsi les employés des grands groupes (Coca Cola, Disney, L’Oréal, Accor) présents sur la zone.

 

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