Portrait Yannick Roux: comment passer du métier de banquier d’affaires à entrepreneur puis analyste dans un fond de capital risque

Pour commencer, quelques mots sur ton parcours?

Ca fait 4 ans que je suis à Londres. Jai étudié à Milan à l’Université de Bocconi qui est un peu l’université incontournable dans la finance en Italie. J’ai passé ma dernière année d’université en échange au Babson College aux Etats-Unis près de Boston, qui est très réputé pour son programme dans l’entrepreneuriat. L’environnement est très cool et propice à la création d’entreprises.
J’ai tellement apprécié les études à Babson que je me suis dit que c’est ce que je voulais faire, créer ma startup et me donner à fond. Après Babson, je suis rentré à Milan pour finir mes études mais je ne voulais pas rester en Italie.

Et la banque d’investissement….

J’avais un intérêt pour la finance donc la ville par excellence en Europe, c’est Londres. J’ai fait un master à la LSE en finance et comptabilité, qui m’a permis ensuite de trouver un poste d’analyste en 2007 dans la division fusions & acquisitions pour une grande banque Australienne.

J’ai commencé ce rôle d’analyste sans savoir vraiment ce que c’était de bosser pour une banque d’affaires. Alors que tous ceux de mon université avaient déjà planifié bien leurs carrières avant la fin de leurs études. J’étais analyste spécialisé dans le secteur des transports. J’ai bien aimé la première année car j’ai beaucoup appris.

Apres un an et demi, je n’en pouvais plus et j’ai donc décidé d’arrêter après finalement deux ans. La charge de travail en fusions et acquisitions est vraiment importante et puis tu ne maitrises pas beaucoup ton travail car le client décide en définitive du rythme de travail et on peux t’appeler à n’importe quelle heure de la journée ou de la nuit pour finir un boulot.

Likebees…

J’ai toujours eu pleins d’idées que je notais dans un cahier et j’ai donc décidé de bosser sur l’une d’elles. Je me suis donné quelques mois et m’y mettre à fond, c’est à dire faire des recherches sur le marché et ses opportunités. J’étais aidé par un ami qui avait fait des études similaires.

C’est en voyant Groupon aux Etats-Unis qu’on s’est dit qu’il y a personne qui faisait ça en Angleterre. Et donc il y avais peut-être une chance de commencer, démarrer vite et de voir comment les choses avancent. Et dans le pire des cas, c’était une opportunité d’apprendre et de nous lancer. Chacun de nous faisais un peu de tout, on n’avait pas divisé le travail.

Aucun de nous deux n’avaient de compétences techniques, et donc on a fait appel à un développeur web externe. On a bossé 3 mois pour lancer le site, se faire connaitre – marketing et communication, trouver des partenaires, et aussi beaucoup de temps pour trouver des investissements. On a fait un peu le tour de tout les VCs et Business Angels à Londres mais cela nous prenait beaucoup de temps et nous laissait peu de temps pour trouver des deals pour le site.

Groupon est un site qui marche très fort, c’est une mini révolution dans le monde de l’e-commerce. Il est difficile de dire si Groupon – et ses concurrents – vont s’installer sur le long terme. Ou alors la compétition fera qu’ils devront réduire leur marge qui est de 50% par coupon, pour pouvoir rester leader dans leur domaine.

Un peu trop tard….

On a lancé Likebees début mars de cette année et on a marché pendant 4 mois, c’est à dire cet été. C’est au même moment que Groupon a racheté Mycitydeal, crée par les frères Samwer, originaires d’Allemagne et qui n’en sont pas à leur premier coup d’essai avec entres autres Alando acheté par eBay en 1999 pour $50m et Jamba racheté par VeriSign en 2004 pour $270m. Il n’y avait aucune possibilité de prendre des investissements car les jeux étaient faits. Donc on s’est posé la question de la suite à donner à Likebees.

En conclusion…

Il fallait être rapide et avoir beaucoup d’argent. On ne pouvait pas lutter contre les frères Samwer qui se sont spécialisés dans la duplication des concepts et on fait fortune de cette manière. Mycitydeal s’était développé dans 80 villes en Europe et pour Groupon c’était la cible facile et la plus efficace pour conquérir l’Europe. Pour moi, la prochaine étape pour Groupon est d’être coté sur le Nasdaq.

On a décidé d’arrêter mais dans notre malheur on a réussi à vendre notre technologie à des américains. Notre problème principal c’était de trouver un ou des co-fondateurs techniques. Pour répondre à ce problème, je trouverais bien l’idée d’avoir un incubateur, composée d’un réseau de professionnels aussi bien techniques qu’orientés business car il est difficile parfois de réunir ces deux mondes. Cela pourrait se rapprocher de LinkedIn, chacun ayant son profil et ses compétences, en indiquant s’il (ou elle) est dispo pour s’impliquer dans un projet.

Gardes-tu en tête de faire quelque chose?

Pour l’instant je me concentre sur mon travail avec cette boite spécialisée dans les médias – Forward Ventures Partners – qui a lancé son propre fonds d’investissements et où je travaille comme analyste. Mon rôle principal est d’étudier les business plans des startups que je reçois, dans l’e-commerce et les medias. Cela fait parti du groupe Forward, qui est une boite qui a débuté il y a 6 ans dans le online marketing et qui s’est développé en une boite qui a acquis des propriétés internet dans l’e-commerce, les medias et tout ce qui touche au numérique. Ils ont dans leur projet de créer un incubateur.

Quelques conseils….

1/ Ne pas faire un « me-too » business, et plutôt innover. Avoir de la compétition, c’est bien car cela veut dire qu’il y a un marché mais il faut innover, ne pas faire la même chose

2/ Si tu as un travail, c’est de continuer à travailler sur le projet le plus longtemps possible tout en poursuivant ton job.

3/ Avoir un co-fondateur technique si tu es un businessman et vice-versa si tu es technique.

Merci encore Yannick.

PS: Vous pouvez suivre Yannick sur Twitter

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