Stéphanie de RougeFrog, conseils avertis d’une reine du marketing (2ème partie)

Pourquoi avoir lancé RougeFrog, conseils en marketing destiné exclusivement aux startups?

Mon réseau s’épanouissait, mes expériences étant appréciées, j’ai perçue une forte demande de la part des entrepreneurs. Je devais alors sauter le pas et la fierté de créer sa propre société a conforté ma décision. Autre avantage, je dispose d’une grande flexibilité dans mon rythme de travail et le choix de mes clients, qu’ils soient à Londres, Stockholm, Paris ou Genève. De plus, les entreprises que je conseille et ai conseillées préalablement évoluent dans des secteurs très différents, tels que le web-design (BaseKit), le sport (Football Superstars) ou aussi bien la radio (Goom Radio), mais je reste ciblée start-up.

Occasionnellement, je participe à l’organisation d’événements comme je l’ai fait en début d’année avec Innovate100 ou en l’espace de 2 mois, il a fallu monter et manager une série de 15 événements à travers l’Europe, y compris à Tel Aviv.

Quand es-ce que ton travail commence? A quel stade de développement de l’entreprise?

Il n’y a pas réellement de règle. Je peux rejoindre une équipe en début de projet, de levée de fond, ou après 2-3 ans d’existence. Les besoins sont très variés et mon service à la carte semble s’adapter adéquatement. Parmi eux, BaseKit et PatientsKnowBest, deux anciens vainqueurs de la compétition startups Seedcamp dont je suis mentor depuis leur création, en 2007. BaseKit est un éditeur en ligne qui rend la création de sites web accessible à tous, sans avoir besoin de connaissances techniques ou de coding. Un outil idéal pour faire gagner du temps aux web-designers et qui permet également aux petites entreprises, étudiants ou passionnés de créer un site web en quelques clics et à moindre coût. Quant a PatientKnowBest, ce dernier a pour ambition d’améliorer les rapports médecins et patients, en leur facilitant l’accès à leurs dossiers médicaux via internet et leur permettant de communiquer librement en ligne. Ce service novateur très attendu par les malades et le corps médical permettra notamment un gain de temps et une diminution des erreurs de diagnostics en donnant d’avantage de visibilité et contrôle aux patients.

Comment sélectionnes-tu les entreprises avec qui tu travailles?

Les critères sont assez simples. Je vais d’abord m’intéresser aux fondateurs, à l’équipe, leurs visions du projet ainsi qu’à leurs parcours personnels.
Bien entendu, je tiens compte des produits contenus dans les projets et parfois je m’engage auprès de la startup sous forme de participation. Comme tout autres entrepreneurs, je suis associée aux risques et aux résultats, ce qui crée un challenge supplémentaire.
Je travaille aussi étroitement avec des business angels et ventures capitalistes, organisant des workshops très ciblés pour le compte des directeurs marketing et produit de leurs portfolios.
Par ailleurs, une part de mon travail réside aussi dans le networking, la rencontre avec des entrepreneurs et investisseurs et la participation active à la vie de la scène « tech » londonienne et européenne.
Afin de faciliter également l’accès aux événements de cette même scène Tech, RougeFrog a mis en place un calendrier, baptisé NewsFrog, mis à jour en temps réel qui regroupe tous les événements marketing, entrepreneurs et tech de Londres, de l’Europe et de la Silicon Valley.

Quels sont les plus gros challenges auxquels font face les startups que tu conseilles?

Les challenges sont de plusieurs ordres:
– Agrandir l’équipe de manière cohérente, c’est à dire en gardant les personnes motivées par le projet et s’armer d’une équipe de management solide.
– Avoir accès à l’information et savoir ou se la procurer. Je veux dire par là, définir les ressources et activités à mettre en place et à quel moment, qu’il s’agissent de marketing, de gestion, de fiscalité ou autre. En créant un environnement startup, de récentes initiatives, telles que TechHub semblent aller dans cette direction.
– La levée de fonds, bien qu’elle soit facilitée aujourd’hui par l’émergence grandissante de business angels, de regroupement d’angels et de « seed funding » crées par ces mêmes ventures capitalistes de renom. Les banques semblent également plus enclines à prêter aux jeunes entreprises porteuses d’avenir, sous réserve toutefois de répondre de fournir garanties, par toujours facile à maintenir.

Quelles sont les grandes tendances actuelles dans les startups?

La grande tendance actuellement concerne la démocratisation, notamment la démocratisation de l’information, de la communication interactive et cette volonté de la simplifier, la rendre plus rapide, plus efficace tout en l’enrichissant, au moyen d’outils accessibles et simples à utiliser, créer dans la majorité des cas, par des startups innovantes.

As-tu déjà passé l’étape de la création d’entreprises?

Assurément, et je me considère comme une entrepreneur à part entière et la société RougeFrog suit le processus commun à toutes les entreprises en pleine expansion. Il faut conquérir de nouveaux clients et entretenir les clients existants. RougeFrog m’offre une réelle opportunité de travailler dans un environnement extrêmement dynamique et dans des secteurs tout aussi différents les uns des autres, tout en faisant des rencontres enrichissantes de créateurs d’entreprises qui regorgent de positivisme et de créativité.

Qu’aimes-tu particulièrement à Londres?

Pour avoir parcouru le monde, je trouve que Londres est la ville cosmopolite par excellence. Elle a su associer une multitude de culture, de pensées en un seul lieu tout en conservant son histoire.
Passionnée par l’art et la photo en particulier, je peux m’adonner à cette passion lors d’expos, de promenades et nombreux événements auxquels j’assiste et participe. Mise à part quelques jours de soleil manquant, chacun peut y trouver ce qu’il faut pour s’épanouir dans cette ville.

Que fait-tu en dehors du boulot?

Hormis le footing, les art martiaux, la photo et les soirées entre amis entrepreneurs sur Londres, j’essaie de passer chaque année, une dizaine de jour dans la Silicon Valley et à San Francisco, pour voir ce qui se fait de nouveau outre-Atlantique et de s’en inspirer. Et puis annuellement, j’aime bien me lancer des nouveaux défis ou effectuer des voyages hors du commun, comme l’Antarctique en Février dernier. Pour l’anecdote, j’avais un accès limité à internet qui m’a permis de garder un contact avec mes clients et de partager cette aventure sur le net, avec famille et amis. Plus récemment j’ai participé au Marathon du Médoc, 42km de course à travers les vignobles bordelais, une expérience différente, alliant effort sportif et joie de vivre. Quand à 2011, l’ascension du Kilimandjaro semble être en tête de liste.

Tes endroits préférés sur Londres?

Probablement Borough Market pour son marché et la qualité des produits, mais c’est aussi très agréable de s’y promener. J’aime aussi me balader dans les rues de Notting Hill et pratiquer du sport, notamment à Hyde Park et Holland Park, lieu extraordinaire où tout en courant on peux entendre les airs d’un orchestre d’opéra, une expérience peu commune. Néanmoins, j’aime retourner régulièrement en France pour me ressourcer, revoir ma famille et mes amis.

Pour conclure, des conseils pour les entrepreneurs qui souhaitent s’installer à Londres?

– Etre ouvert d’esprit, c’est très important dans cette ville. Comme je le disais, c’est une ville cosmopolite donc il faut laisser ses préjugés en France et être à l’écoute. Il y a énormément à apprendre de la mixité.
– Pour la création d’entreprise en elle-même, je dirai qu’il faut davantage se focaliser sur l’exécution. Les Français ont généralement de très bonnes idées mais pêchent souvent sur l’exécution et le suivi de ces dernières.
Merci Stéphanie pour tes réponses et ton super travail auprès des startups

Update: Vous pouvez consulter un extrait de l’article sur le site d’Ici-Londres ou dans les nombreux points de distribution un peu partout dans Londres.

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