Thousands Suns | Logo

Thousand Suns. Une startup pas comme les autres.

A l’heure où beaucoup de startups taillent leurs succès (et échecs) dans le monde de l’Internet, et ce faisant, dictent les règles de l’entreprenariat « Tech’ », Thousand Suns, et son fondateur, Jean Viry-Babel, montrent comment réussir dans le monde de l’énergie solaire tout en s’affranchissant des tendances actuelles.

 

En résumé, quel est ton parcours et qu’est ce qui t’a amené à Londres ?

Suite à des études de communications j’ai d’abord travaillé à l’Office des Statistiques de la Communauté Européenne au Luxembourg, puis à SAP, puis à Publicis, à Paris. C’est sur un malentendu que je suis arrivé à Londres en 2001: une entreprise indienne m’avait proposé de travailler pour le offshore. Je pensais qu’ils faisaient référence aux plateformes pétrolières, en fait ils faisaient référence au outsourcing. Au sein de cette entreprise je me suis spécialisé dans la conformité réglementaire bancaire. Finalement j’ai terminé chez Accenture, toujours dans la conformité réglementaire bancaire.

 

Qu’est ce qui t’a poussé à faire le pas vers l’entrepreneuriat?

C’était un peu au hasard des rencontres. Quelqu’un me l’a proposé, et j’ai saisi l’opportunité. J’ai quitté Accenture et intégré une première startup, qui existe d’ailleurs toujours: Resolver System. C’est une entreprise qui fournit des services de développement informatiques dirigés au secteur financier. J’y étais en qualité d’associé et directeur des ventes. Cela a duré deux ans.

Avec quelques actionnaires, on a ensuite monté une deuxième entreprise, Value Sharp, basée à Singapour, qui faisait de la valorisation de portefeuille de dérivés complexes.

 

Comment en es tu arrivé à Thousand Suns ?

Quand tu montes une boite à Singapour, il te faut un partenaire local. Il se trouve que ce partenaire avait racheté un brevet de concentrateur solaire à Imperial College. On s’est donc dit que si on arrivait à distribuer cette technologie en Europe, ça pourrait faire une belle entreprise. On a donc monté Thousand Suns, en référence à cette technologie de concentration solaire, en été 2009.

Or il se trouve que le brevet ne marchait pas en Europe, on l’a donc vite abandonné. Avec quelques un des actionnaires, on s’est réuni un soir autour d’un pot, et on a réfléchit sur ce qu’on pouvait faire. L’un des actionnaires a eu l’idée de générateurs portables pour les cabines de plage. On a nommé cela « Solarpod », et l’idée était lancée. Chacun des participants a mis £10.000 pour d’avoir une mise de départ.

 

Comment êtes-vous passé de l’idée à la réalité ?

Les principaux produits de Thousand Suns sont les panneaux solaires et les Solarpods. On a d’abord commencé avec la distribution de panneaux solaires, principalement en Europe, pour générer du cash flow et connaître la clientèle et l’industrie. En parallèle on a lancé la R&D pour le Solarpod. On a construit un prototype, qu’on a ensuite amené au stade de production.

On a aussi fait des choix éthiques : Nos produits sont complètement recyclable et l’usine d’assemblage (située en Alsace plutôt qu’en Asie) est un Centre d’Aide par le Travail (CAT) qui n’emploi que des handicapés.

 

A quel public sont destinés les produits de Thousand Suns ?

L’idée est de permettre la création d’électricité de façon durable partout dans le monde. Notre technologie fournie suffisamment d’énergie pour faire tourner une télé, un petit frigo, un ordinateur, des lampes, téléphones, etc. Nos ventes sont essentiellement réalisées par nos distributeurs mais pour le moment, on n’a pas vraiment de cible spécifique. Notre public est une accumulation de niches que l’on découvre tous les jours. Par exemple, on compte parmi nos clients pas mal d’entreprises du monde des caravanes et campings. Un autre groupe de clients est constitué par des gens aisés qui ont des cabanes sur la plage.

 

Comment planifies-tu le développement de l’entreprise ?

On prend tout au jour le jour : on n’a jamais écrit un business plan ou fait de projection de cash flow. On est économes et on applique tout simplement la logique et le bon sens. On a la chance de ne pas vraiment avoir de problèmes d’argent, et les ventes sont au delà de notre capacité de production actuelle.

En revanche notre principal défi c’est la production : si tu commandes maintenant des Solarpods, on ne peut faire livraison que 4 mois plus tard. On compte donc monter la production à 1000 Solarpods par mois.

Au delà de çà, on s’attend à la loi de Murphy: si quelque chose doit mal se passer, ca sera au plus mauvais moment. On essaye donc constamment de prévoir des scenarios d’urgence. Par exemple, comme on est plus stable en ce moment, on double tous les fournisseurs.

 

Si c’était à refaire, que ferais tu de différent?

J’emploierai des employés plus tôt, pour qu’ils soient liés au capital de l’entreprise. Il faut plus d’employés-actionnaires car on bosse différemment quand on est employé que quand on est actionnaire. Mais c’est difficile de trouver les personnes adéquates : il faut qu’ils aient un peu de fonds, des compétences, la motivation, etc.

 

Derniers conseils pour nos lecteurs?

Les deux choses les plus importantes dans la création d’entreprise sont (1) que l’idée soit bonne, c’est à dire viable et (2) qu’il y’ait du cash. A mon sens, tout le reste est anecdotique en comparaison. Pour ce qui est du cash, il y’a des règles toutes simples : toujours avoir au moins trois, voir six mois de « burn rate »; et avoir des oursins dans les poches, c’est à dire tout négocier pour payer le moins cher possible. Mais j’insiste : l’idée et le cash est ce qui font et défont une entreprise. Tout le reste est anecdotique en comparaison.

 

Merci Jean, et au plaisir de te voir aux prochains Apéro Entrepreneurs à Londres!

0 réponses

Répondre

Want to join the discussion?
Feel free to contribute!

Laisser un commentaire